École d'esport en France : bilan, défis et perspectives

École d'esport en France : bilan, défis et perspectives

1 juillet 2026

À la fin des années 2010, le secteur des jeux vidéo connaît un essor fulgurant, notamment en France, marqué par de nombreuses initiatives. Parmi celles-ci figurent la création des écoles d’esport et la multiplication des compétitions dans le domaine. Créées il y a une dizaine d’années, certaines de ces écoles continuent de former les jeunes, tandis que d’autres ont fermé pour diverses raisons. Si le secteur est prometteur, il demeure toutefois parsemé de nombreux défis pour les entrepreneurs.

Écoles d’esport en France : un levier essentiel pour la professionnalisation

En deux décennies, le développement du secteur vidéoludique a été spectaculaire, avec environ 1,1 milliard de dollars (930 millions d’euros) de chiffre d’affaires en 2019 selon le site Newzoo. Cette croissance est marquée par la multiplication des tournois, passant d’événements isolés à des compétitions mondiales sur différents titres. Les plus célèbres, dont Counter-Strike, League of Legends ou encore Rainbow Six Siege, réunissent des millions de spectateurs. C’est notamment le cas des IEM Cologne 2026, qui a cumulé 2,75 millions de spectateurs simultanés.

L’évolution de l’écosystème s’accompagne de nombreux défis, la professionnalisation étant au premier plan. Celle-ci est marquée par la naissance des premières écoles d’esport. Principal acteur de la scène européenne, la France a accueilli ses premiers centres de formation, initiés par des acteurs privés à partir de 2016. Ces nouvelles structures d’esport proposent un cursus académique et une pratique intensive des jeux vidéo. Proposant le même modèle de fonctionnement, les premières écoles d’esport comprennent : eSport Academy, Power House Gaming (PHG), Gaming Campus et XP School.

Écoles d’esport en France : de la création aux défis à relever

Fondée à Bouguenais, près de Nantes, The eSport Academy est l’une des premières écoles créées en 2016. Elle proposait un modèle basé sur un cursus académique et une pratique intensive des jeux vidéo. Le cursus traditionnel comprend plusieurs filières, dont la programmation web, le montage vidéo, le community management et la psychologie. Quant à la pratique des jeux vidéo, elle comprenait les jeux les plus célèbres, comme League of Legends et Call of Duty.

Tout comme The eSport Academy, Power House Gaming (PHG), a ouvert ses portes en 2016. À la différence de son prédécesseur, PHG est un centre de formation sport-études affilié au groupe Ionis. Concernant le déroulement des activités, les cours traditionnels comme le marketing et la communication ont lieu le matin. L’après-midi est consacré à la pratique aux jeux vidéo. Au terme des deux premières années, une sélection permet d’identifier les talents. Ainsi, ces derniers reçoivent une formation spécialisée et bénéficient de l’accompagnement d’une agence de talents. Ils sont ensuite mis en relation avec des équipes d’esport.

Écoles d’esport en France : des débouchés jugés insuffisants pour le nombre d’étudiants formés

Un contraste est cependant observé quant à la proportion d’étudiants qui finissent par devenir des professionnels. Contrairement aux centres de formation de football, dont le pourcentage de talents sélectionné est d’environ 18 %, les écoles ou centres de formation d’esport forment en moyenne 5 à 8 % de joueurs professionnels. Ce chiffre nettement inférieur montre la rigueur dans la sélection, mais aussi le caractère naissant de la discipline.

Environ douze écoles ou centres de formation ont vu le jour depuis 2016. Entre 2016 et 2025, près de huit ont fermé. C’est notamment le cas de The eSport Academy, qui a initié cette nouvelle ère. Il en est de même pour les centres Helios Gaming School, Montpellier Gaming Academy ainsi que la Paris Gaming School. La plupart de ces centres ayant fermé étaient confrontés à des difficultés de divers ordres. Cependant, certains continuent de former les jeunes aujourd’hui. Parmi les établissements toujours en activité, figure Power House Gaming, qui appartient à un grand réseau d’établissements supérieurs privés en France, Ionis.

École esport en Belgique : un système sous le contrôle de l’État belge

Entièrement contrôlés par la Fédération Wallonie-Bruxelles, les initiatives ou événements d’esport en Belgique sont peu courants. Le secteur est également sous la tutelle de l’État, qui subventionne deux principaux groupes reconnus dans le pays : l’officiel et le libre. Il n’existe quasiment pas d’établissements privés comme en France. On distingue notamment des établissements de théâtre, du cinéma ou encore de marketing, qui ne se présentent pas comme des structures de formation d’esport.

Mettant en avant les métiers du jeu vidéo tels que les aspects informatiques, artistiques ou créatifs, les centres de formation de Wallonie et de Bruxelles fonctionnent autrement. Ils ne proposent pas un cursus traditionnel combinant enseignement académique et pratique intensive du jeu vidéo. Les spécialités, comme le management de l’esport, proposées par certaines structures s’inscrivent dans un cursus post-académique. Les diplômes des écoles privées ne sont pas reconnus par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

L’esport à l’école : identifier les talents dès le plus jeune âge

À l’instar des sports traditionnels qui bénéficient de programmes de suivi, l’État français s’engage de plus en plus auprès de l’esport. Accueillant des compétitions majeures de la discipline depuis 2023, la France poursuit dans la même dynamique. Elle abritera du 6 juillet au 23 août l’Esport World Cup initialement prévu en Arabie Saoudite, mais délocalisé suite au conflit du Moyen-Orient.

Interrogée sur le sujet de l’introduction de jeu vidéo à l’école, Marina Ferrari, ministre des Sports a fait la lumière sur la question. La polémique est issue de la Stratégie Esport 2026-2030 annoncée par l’État. Elle ne vise pas à introduire le jeu vidéo dans le cursus scolaire. Au contraire la stratégie vise, d’une part, un meilleur encadrement du secteur et, d’autre part, à identifier très tôt des jeunes pour les accompagner vers une carrière professionnelle.

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